mercredi 10 avril 2013

Tes dires, Musique


Erik Satie
Muse en Hic mineur
Tu nous testes
Tu nous tais
Nous hais-tu ?

Hic en muse majeur
Tu nous amuses
Tu nous lâches
Que nous caches-tu ?

La comédie italienne,
La pieuvre,
Le feu d'artifice,
Le divertissement ?

De la musique
Au quatre-coins
Du monde :
Le réveil de la mariée

Ce que cache,
Ce que tait,
LA MUSIQUE ?

Le grincement
De la balançoire
L'envolée
Lyrique

Le battement
Du cœur
Au colin-maillard
Solitaire

Le bain de mer
Effet-mère
De nostalgie
Éphémère

Le flirt
Du traineau
Au son
Du tango

Le carnaval
Des Hics
Des muses
En Water-chute

Noce sol
Chutegie
Altude ?
Chuuuuuuuut-chasse...

Valérie

mardi 9 avril 2013

Découvrir des auteurs qui ont arpenté le monde


Géographique ou intérieur, le voyage emmène ailleurs. Insensiblement, il nous invite à modifier notre point de vue, à élargir notre regard. Et vous quel sera votre moyen de transport? Pour quelle destination vos personnages embarqueront-ils? Venez le découvrir en participant à un ou plusieurs ateliers d'écriture.

Lieu du départ : Médiathèque de Juigné-sur-Loire (49610)
Dates d'embarquement : les jeudis 18 avril, 23 mai et 13 juin
Durée du voyage : de 14h à 16h
Participation aux frais : 5 euros par atelier
Vous voyagerez "léger", un crayon et du papier seront vos uniques bagages!

Ateliers d'écriture animés par Isabelle Moran - Rens. et inscription 06.31.97.16.13

mercredi 27 mars 2013

Raconte, découpe et colle

Nous vous avions conviés les 8 et 9 mars dernier à venir explorer les liens entre écriture et image pour créer votre livre animé. Vous avez été nombreux, petits et grands, à répondre à notre proposition. Au cours de ces deux ateliers, vos personnages ont pris vie jusqu'à investir un lieu. Ville ou campagne, les univers se sont ainsi multipliés, toujours personnels et singuliers. Voici quelques photos de vos réalisations. Bravo à tous les artistes!
Trouver ses mots dans le grand bac à lettres
Déchirer très consciencieusement

Construire un personnage et le faire parler
 Lui inventer un jardin...
ou une ville


 Etre heureux de ce moment créatif partagé 
Découvrir les "pop-up" et repartir, nous l'espérons, avec l'envie de continuer à en lire...

Agnès et moi


vous donnons rendez-vous bientôt,
pour d'autres ateliers créatifs
autour de la LecturEcriture.
Isabelle





lundi 18 mars 2013

Pourquoi aimons-nous le haïku?

"Sans doute pour l'acquiescement qu'il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d'un souffle (un haïku selon la règle ne doit pas être plus long qu'une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. (...) Peut-être parce qu'il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. L'éclosion spontanée d'une fleur de sens." 
Haïku, Anthologie du poème court japonais. 
nrf/Poésie, Gallimard, 2002

Voici quelques-uns des haïkus écrits en atelier jeudi 14 mars à la médiathèque de Juigné-sur-Loire:
Dans ma boite aux lettres
un colis prend toute la place -
du bonheur en vrac!
Myriam

Dans l'immense maison
une puce dort sous la couette
heureuse d'être au chaud
Myriam

Forêt enneigée -
crocus à l'abri du vent
perce le tapis blanc
Myriam

Le rire soudain
me renverse de joie
Jaume éclatant!
Monique

Les tracesdu loup -
le Mercantour enneigé
réveille mes peurs
Monique

Les jardiniers plantent -
petits morceaux de soleil
que le ciel arrose
Isabelle

mercredi 13 mars 2013

haïku de printemps

Jeudi 14 mars, je vous invite à découvrir la simplicité du haïku. Court poème japonais dont on dit qu'il ne dure pas plus d'une respiration, le haïku est aujourd'hui largement pratiqué partout et par tous, alors pourquoi pas vous? Au programme : lectures des grands maîtres japonais Issa et Bashô, mais aussi d'auteurs contemporains bien vivants comme le poète Nantais Roland Halbert.
A votre tour, venez croquer l'instant en composant quelques haïkus printaniers.
De 14h à 16h, à la médiathèque de Juigné-sur-Loire (49610). Participation 5 euros. Atelier animé par Isabelle Moran


lundi 11 mars 2013

Guillevic fait Recette


Dans son poème Recette, Eugène Guillevic nous invite à faire dialoguer autour de nous ce qui est séparé. Observer et surtout ne pas bouger pour rien perdre de la magie de nos quotidiens

Prenez un rire d’enfant, il est joyeux, cristallin sous la douche  de l’été
Placez non loin de là les pleurs bruyants d’une femme. De dos emplie de tremblements
Mettez tout autour d’eux un silence lourd, pesant, moite. Il s’allège peu à peu devient serein, attentif
Laissez-les se calmer, se trouver, s’effleurer
Regardez bien

Christine

Calder, Le soleil et la lune

Prenez le soleil qui s’allume dans le lointain
Placez la lune dans sa rondeur
Mettez un champ fleuri, quelques nuages
Laissez la journée s’estomper
Regardez, savourez.

Christine

Prenez une barre d' HLM
Grise comme un ciel de pluie
Placez dessus un grand soleil
Un jardin et son jardinier
Mettez des fleurs et des abeilles
Des légumes et des fruitiers
Déjà en fleurs
Laissez-les faire
Regardez-les pousser

Michèle

vendredi 1 mars 2013

"A quoi peut servir un livre sans images ni dialogues?"

Ainsi interpelle Lewis Caroll par l'intermédiaire d'Alice. Les dialogues en littérature, comme en musique, sont essentiels: ils rythment, allègent, font entendre des voix.
La forme Concerto est par excellence la forme du dialogue entre un ou plusieurs solistes et l'orchestre. Le mot "concerto" d'origine italienne signifie "lutter, rivaliser". D'ailleurs, le dialogue n'est-il pas une lutte entre deux paroles distinctes, séparées, qui en fait l'art de la relation? En littérature (comme dans la vie) paroles et pensées distinctes s'affrontent, se jaugent, s'écoutent, se répondent, s'ignorent; la liste serait trop longue pour être énumérée tant les possibilités sont grandes et les nuances subtiles. Hier soir, chez René, nous nous sommes exercés à cette forme délicate qui doit dire sans être trop informative et donner l'illusion de la réalité. Voici nos questions-réponses confiées au hasard d'un cadavre exquis...
I.M.
"A 18 heures?
- Un jour, demain, jamais peut-être
- Qui frappe à la fenêtre?
- Corelli"

"Quand reviendras-tu?
- Quand j'aurais découvert ton corps
- Que regardes-tu derrière cette fenêtre?
- On regarde la lune
- Comment as-tu pu faire un truc pareil?
- En t'éclairant de la brillance de tes yeux
- Pourquoi pleures-tu?
- Parce que"

"Quand m'accepteras-tu enfin dans ton lit?
- Le jour de la rentrée d'école
- Qu'est-ce qu'on fait ici?
- Rien du tout
- Qui est avec toi?
- Un inconnu dans la rue
- Comment avancer vers toi dans cette nuit profonde?
- En allant se promener dans la forêt
- Pourquoi?
- C'est comme ça"

"Quand commence la danse?
- Quand je serai vieille
- Que deviens-tu?
- Je crois que le printemps arrive"

"Que penses-tu de mon nouveau maillot de bain?
- Le chat de la voisine est mort"

"Qui a effleuré tes seins depuis que je suis parti?
- Jules, mon cher grand-père"

"Qui joue magnifiquement du piano?
- C'est un ange
- Comment tu écris piano?
- En avion
- Pourquoi est-ce si compliqué?
- Parce que mon coeur peut encore donner"

"Comment est-ce possible?
- On suit le fil du labyrinthe"

Dialogues : René, Christine, Anne, Annie, Patricia, Michèle

Photo: DR - Maria Pagés, déesse du flamenco, et Sidi Larbi Cherkaoui, 
chorégraphe contemporain.



vendredi 22 février 2013

Ecrire la forme sonate

Liszt n'a composé qu'une seule sonate : la sonate en si mineur, dite la "grande sonate". Nous l'avons écoutée, avec attention, chez nous cette semaine, tout en vacant à nos occupations (linge, cuisine...) ou au contraire nous asseyant pour nous laisser ravir. Cela commence très sombre, très noir, très lourd. Tout est martelé disloqué, puis une lumière, une hauteur, une légèreté avant de clore sur une gravité et une profondeur presque inhumaines. Dans les ombres et les lumières de la sonate de Liszt, nos émotions contraires ont percé : agacement, violence, énervement, calme, vivacité, légèreté. Des couples de mots antagonistes sont nés; comme autant de thèmes A et B de l'exposition d'une sonate.
Les voici déclinés selon les règles du jeu oulipien: le Blitz Bristol, pour vous donner à lire les premiers mouvements de nos textes-sonates.
IM

Respiration // Ettouffement

A minuit le poumon
comme un silence bruyant rapidement
désir intense expirer
suffoquer souffler
tristement vivre
musique lourde une pause
comme une fuite vers un autre monde avec le sourire
vite pendant les vacances
étouffer le grand air
jour sombre vivement
dans la maison vide comme un poisson dans l'eau
à minuit comme le soufflet de l'accordéon
seule sur la plage
dans la maison vide en cadence
comme une explosion fréquemment
silence vide régulièrement
comme un nuage pesant la voix haletante
étrangler comme le vent
lentement sur la plage
avec le musicien avec le sourire
doucement comme un chat
mourir inspirer

Anne et Annie