lundi 10 novembre 2014

La contrainte mène à la liberté

Qui ne s'est jamais ennuyé durant son enfance? Qui n'a jamais souhaité de toutes ses forces devenir, d'un seul claquement de doigt, un adulte autonome, maître de son destin? Qui n'a désiré voir ces heures de profonde solitude bouleversées par l'apparition soudaine d'amis venus des quatre coins du monde? Qui ne s'est dilué dans l'espace temps d'une rêverie que l'ennui avait créée, s'oubliant lui-même, se rêvant plus grand encore?
C'est sans doute pour cela qu'à la suite de Gaston Bachelard, nous repensons aux lieux de notre enfance comme à des paradis perdus "Grenier de mes ennuis, que de fois je t'ai regretté quand la vie multiple me faisait perdre le germe de toute liberté" (La poétique de l'espace

Lundi dernier, en compagnie de Gaston Bachelard, Marie-Hélène Lafon (Album, "Les maisons"), Jean-Jacques Rousseau (5ème rêverie du promeneur solitaire) et Olivier Rolin (Paysages originels), nous nous sommes intéressé à cet ennui profond, à la rêverie et au bien-être qui parfois en découle. 


Le Souvenir
L'été
La Corse
Le groupe de Randonneurs
L'effort
Le sommet
L'espace
L'immensité, la beauté
Le panoramique
La stupéfaction, la contemplation
Les minutes qui défilent
L'ébauche de rêverie
Le couperet
Le guide, son téléphone portable
Ses conversations nuisibles et castratrices

Aujourd'hui
Les consignes de détente, de laisser-aller, de lâcher prise
La réminiscence de la gêne vécue
L’impossibilité d'atteindre la rêverie
Anne P.
tissage de grillage par The wondering bird

Voir régulièrement Annabelle à travers un grillage séparant nos deux maisons, c’était très particulier. On jouait avec elle mais forcément les jeux étaient adaptés puisque le grillage était souvent inclus dans le jeu.
Le sapin, les balançoires, leur aspect grillagé était insolite.
Si nous n’avons joué que si peu de fois pour de vrai chez Annabelle au-delà du grillage, c’est sûrement que cette interposition nous apportait finalement quelque chose de positif. Il faut le voir comme ça…
Etait-ce une vision restreinte de son terrain ? ou bien peut on considérer que du coup j’avais un champ de vision élargi car je regardais à travers ce grillage sur toute la longueur du  terrain, là où peut-être mon œil ne se serait pas posé naturellement.
Dans le  mot grillage, il y a les lettres pour faire le mot Elargi…
Céline L.


Cet atelier fait partie du cycle "Oser écrire" dont l'objectif est de passer progressivement de l'écriture de la mémoire et du souvenir (enfance) à l'écriture de la fiction (mise à distance et création). Ce cycle comprend 7 ateliers de 2h30 entre octobre 2014 et avril 2015 et accueille 10 participants.

vendredi 10 octobre 2014

"L'enfance, un trésor en petites coupures"


C'est la réflexion que nous livre Régine Detambel dans un pertinent (et impertinent) ouvrage : Petit éloge de la peau (Folio, 2007) 

"L'enfance est un trésor en petites coupures. On y mène des expériences extatiques à partir de la combinaison des chutes, des chocs et des coups. (...) A même la blessure, juste à la surface de la douleur, la main rassurante et consolante de quelqu'un de doux qui chuchote : je suis là, je tiens ce bobo dans ma main."

Il suffit dès lors de lire notre épiderme pour découvrir notre histoire à rebours. Là une cicatrice - la trace d'une flèche quand j'étais Robin des Bois - ici un morceau de peau plus clair, l'écho d'une chute en vélo un jour de parade devant les copains... La peau est notre carte d'identité, notre frontière dedans/dehors. Et nos maux sont autant de mots qui ne se disent pas.

Main dans la main avec Gilles, mon amoureux, nous courrons à perdre haleine sur le trottoir, nos jambes s’emmêlent et c'est la chute. Je me relève, le genou droit en sang, je regarde la blessure, j'ai l'impression de voir l'os, j'ai peur, je vais mourir cicatrice éternelle.
Anne
Ecouflant, le 25 novembre 2014

Une éternité sur un pot de chambre. 
Pour faire plaisir à ma mère? 
Non, 
pour ne pas dire. 
J'étais constipé, je n'avais pas envie. 
Pas envie de quoi? 
Ma grand-mère m'emmerdait. 
Entre elle et ma mère, c'était la guerre

- il doit faire

- ça viendra

Cela ne pouvait pas venir, c'était trop... 
ils étaient tous là, autour du pot 
et moi 
sur le trône.


Pas tous, non.
Mon petit frère n'était pas là.
C'était un bébé - dans son petit lit - avec des couches.

René R.
Juigné sur Loire, le 6 octobre 2014

mercredi 8 octobre 2014

ça se passe à Ecouflant!



Atelier d'écriture GRATUIT 
Inscription directement auprès de la bibliothèque d'Ecouflant
au 02.41.43.68.26 ou bibliotheque@ecouflant.fr

Atelier d'écriture ludique et décomplexé, pour lire et écrire ensemble, 
dans une ambiance respectueuse et bienveillante. 

jeudi 18 septembre 2014

Envie d'écrire? Osez!


Ecrire pour le plaisir d’inventer ou de se rappeler
Pour les autres ou pour soi-même
Dans la convivialité et la bienveillance
A partir de jeux d’écriture collectifs ou individuels
A partir d’images, d’objets, d’extraits de livres…

Oser écrire, sans se soucier du « bien » écrire
Objectifs et prérequis :
Aucune expérience d’écriture antérieure n’est requise pour participer à ce cycle. Seule compte l’envie d’écrire et de partager ses textes avec le groupe.

Les consignes d’écriture que je vous proposerai feront appel à la mémoire, à l’observation et à l’imaginaire. Les huit séances s’articuleront autour de l’enfance, les lieux, les objets et la création de personnages, l’objectif étant de permettre à chacun de puiser dans le réel pour aborder doucement la fiction.

L’animatrice :
Littéraire de formation et fondatrice de l’association Lever l’encre, je me suis formée à l’animation d’ateliers d’écriture en Belgique (réseau KALAME) et en France (Lire et Ecrire en Pays de Loire – DDCS). J’anime des ateliers ludiques et littéraires pour enfants, adultes et familles depuis 2009 et fais mien ce propos d’Annie Ernaux : « Si j’avais une définition de ce qu’est l’écriture, ce serait celle-ci : découvrir en écrivant ce qu’il est impossible de découvrir par tout autre moyen, parole, voyage, spectacle, etc. Ni la réflexion seule. Découvrir quelque chose qui n’est pas là avant l’écriture. C’est là la jouissance – et l’effroi – de l’écriture, ne pas savoir ce qu’elle fait arriver, advenir. » Il suffit d’oser…

Isabelle Moran

Modalités du cycle  « Oser écrire »

Prix         122 euros le cycle de 7 ateliers de 2h30 chacun
                Cotisation à Lever l’encre incluse
                Participation payable en 1, 2 ou 3 fois

Dates       Un lundi par mois – de 10h à 12h30
                6/10 – 3/11 – 1/12 – 5/01 – 2/02 – 2/03 – 6/04 

Lieu         Anciennes Ecoles – Grand Rue – 49610 Juigné-sur-Loire

S’inscrire  Par tél. au 06.31.97.16.13
               Minimum 6 participants - Maximum 12 participants

mardi 19 août 2014

Lever l'encre est dans le Courrier


Nos personnages sont des fossiles qu'il s'agit de mettre au jour

Stephen King, le célèbre auteur américain de romans à suspens, affirme que les histoires sont comme des fossiles; il suffit de se pencher et de creuser un peu pour les mettre au jour.
Nous nous sommes penchés, avons exploré le sol, le ciel et ce qu'il y a entre les deux et très vite, nous avons trouvé des signes de présences subtiles. Des êtres invisibles, nos Invisibles, vivent tout près de nous, sur les rives du Petit Louet, dans le Parc des Garennes. Pendant 2 jours, nous les avons côtoyés, et si vous tendez l'oreille ou empruntez le chemin des fées, peut-être vous aussi entendrez-vous l'histoire de l'Arégarde, du cirque d'arbre, de la famille coquette et de bien d'autres encore...

Jour 1
D'abord se mettre à l'écoute
"Ma balade naturelle"
J'avais envie que le moment soit éternel
C'était magnifique
Il y avait plein de bruits que je n'avais jamais entendus auparavant
L'endroit était magnifique et reposant.
Mathéo
Puis se priver d'un sens,
Avancer dans le noir,
Découvrir autrement et se laisser surprendre

"La balade bandée"
C'était différent
On était comme aveugle
Il fallait utiliser ses autres sens
ça faisait peur, mais je faisais confiance à mon partenaire.
Mathéo

Le vent qui nous chuchote un mot au passage
Les oiseaux qui nous chantent une belle mélodie
Le claquement de leurs ailes contre leurs plumes
L'odeur de la terre humide de la vase
On peut voir un grand arbre un peu penché
Ses longues branches frôlent l'eau
Les herbes la caressent
le calme règne
Seuls les oiseaux lui font face.
Alzire
(photo Célestine)
Les feuilles qui s'agitent
tanguent au souffle du vent
font goûter à la liberté de l'oiseau
Amina
Une grenouille croasse
plonge dans l'eau argentée
puis regagne la rive
Amina
L'arbre coupé en deux
forme une barque à la coque lisse 
qui pourrait voguer
Amina
(photo Amina)

Jour 2 
Après avoir aiguisé nos sens, nous partons à la découverte des mondes parallèles avec des lectures de textes de Pierre Bottero (La quête d'Ewilan) et Timothée de Fombelle (Toby Lolness)
Nous symbolisons ce passage du monde visible au monde invisible en créant un chemin des fées, véritable ouvrage de Land Art, que bien sûr chacun de nous empruntera avant d'écrire.
Dans le Parc des Garennes, juste après avoir grimpé le chemin des Fées, Juliette a rencontré la famille Coquette, voici ce qu'elle écrit :
Mon arbre imaginaire 
Je vais vous présenter ma famille arbre : il y a moi, Pomme Coquette, ma soeur, Clémentine Coquette, ma maman, Pines Coquette, mon papa, Pin Coquette.
Les lieux 
Nous dormons sur des feuilles (mon nez), ma joue est la salle à manger, mon autre joue est la cuisine, mes yeux sont des garages, ma bouche est le bureau et mon cou est le salon Coif-mac (coiffure-maquillage) et pour aller dans le salon, il faut fabriquer un collier.
Nos pouvoirs 
Nous faisons tout le monde très beau dans notre salon.
Nos missions
C'est de faire les plus belles coiffures et les plus beaux maquillage du monde.
FIN
(photo Juliette)

Pour Inès, les arbres du Parc se transforment en véritables artistes de cirque, écoutez parler leur plus grand acrobate :
ça date de mon arrière (x100) grand-père!!!
Chaque seconde (du temps humain), le Cirque Arbuste fait un spectacle (pour nous arbres artistes, ça dure une heure).
Le cirque se déplace grâce au courant des rivières, des lacs et des mers.
Inès
Merci à tous pour votre bonne humeur et votre imagination 
Isabelle


lundi 12 mai 2014

Stage balade, écriture et photo pour les 9-12 ans, les 8 et 9 juillet 2014


Berges du Petit Louet / Parc des Garennes

Lire/écrire en plein air
Des poèmes, des extraits de romans, 
des textes qui inspirent et donnent envie d'écrire.
Se promener
Au coeur du Parc des Garennes et sur les berges du Petit Louet, 
ouvrir grand les yeux et les oreilles, respirer
Photographier
Des formes, des couleurs, partager des impressions, 
des sensations et écrire à partir des photos.
Parc des Garennes, mars 2014
Un regard différent sur notre environnement
Ce stage est conçu comme une invitation à prendre son temps, à laisser la beauté du lieu nous inspirer. Minérale, végétale ou animale, la nature réserve des surprises à qui sait l'observer.
La photo est un moyen d'affûter le regard, de souligner un détail ou de saisir l'ensemble et l'écriture une manière simple et ludique de rendre compte de cette expérience sensible. 
Pas besoin de 'savoir' écrire ou d'être photographe pour participer, l'essentiel est d'avoir envie de participer!

Pour participer, il te faudra...
Un appareil photo numérique et son cordon pour transférer les photos sur un ordinateur (prise USB), un crayon, un carnet, des bonnes chaussures, un pique-nique (mardi et mercredi) et bien sûr, ta curiosité et ta bonne humeur!

Renseignements et inscriptions
Stage animé par Isabelle Moran - Lieu de RDV : Salle haute des Anciennes écoles. Horaires : 10h/16h30 - Maximum 8 enfants - Tarif 40 euros les 2 jours / PAI 30 euros. Inscriptions au 06.31.97.16.13.

Lever l'encre à la médiathèque de Juigné

Paru dans le Courrier de l'Ouest du 6 mai 2014