Bonnes vacances à toutes et tous et au plaisir de vous retrouver pour de nouvelles aventures littéraires à la rentrée (disons mi-octobre...)
mardi 27 juillet 2010
mercredi 16 juin 2010
vendredi 7 mai 2010
Troué
Ce qui m’arrive aujourd’
Hui se meurt en
Rêverie.
Il est si flou, le jour
Sans bords, le jour
Troué, le jour
Inavoué ;
Arrime-moi,
Nuit !
Evelyne D.
Doué-la-Fontaine, Samedi 24 avril 2010
Correspondance amoureuse d'Eléonore à Christian
mardi 4 mai 2010
De Jean-Marie à Adélaïde
Je t’ai attendu au Zoo;
Epuisé
Avec tristesse, je veille la
Nuit. A l’aube une
Mélancolie inattendue
Attaque mon esprit, brûle,
Refroidit et meurt, me laissant
Isolé, amère. Sans toi. Sans
Espoir.
Anne W.
Anne W.
lundi 3 mai 2010
Je suis le grain de blé
Je ne sais pas d'où je viens mais ma chute a été courte et douce.
La terre est amoureuse, comme dirait la voix d'en face.
Elle m'attendait, ouverte, écartelée même, prête à être fécondée,
Humide de désir, engraissée d'envie et prometteuse d'avenir.
Elle a fantasmé tout l'hiver au repos, elle s'est préparée à ma semence.
Et me voilà ! Je suis le premier arrivé.
Le premier à la pénétrer et à me nicher.
Je m'enfonce sans peine de quelques millimètres encore,
Juste assez pour sentir sa chaleur et son poids me recouvrir.
Je silence quelques temps, je savoure l'extase du vainqueur.
Puis je bois à sa source et ruisselle de cette ardeur.
Je m'endors, fatigué de l'épreuve fusionnelle.
Au réveil, je sens ma membrane ramollie par le fluide de vie
Autour l'obscurité, et sa présence enveloppante, riche,
Immense, généreuse comme je l'imaginais. J'ai confiance.
J'enlève ce dernier vêtement qui me protège,
Ma dernière peau, et m'offre encore à elle.
Je m'étire, me gaine, ma tige se gorge de sève
Et bande fortement et longuement vers le ciel.
Le rideau s'ouvre, je vois la lumière, je suis bien.
Je rêve à demain et à d'autres caresses terrestres.
Patricia C.
dimanche 2 mai 2010
Mon jardin voit la vie en rose
Cette félicité aussi
Est naturelle
Années de mon printemps
Issa
(1763-1827)
(poète japonais et maître du Haïku)
mercredi 28 avril 2010
s'aimer à (la bonne) distance
Samedi dernier, salle de la Dagoberderie nous étions d'humeur joyeuse et amoureuse. Pour preuve la foison de lettres échangées entre les personnages sortis tout droit de notre imagination spécialement pour l'occasion. Correspondance amoureuse flamboyante, timide, pressante, drôle, spirituelle, il y en avait pour tous les goûts. Il faut dire que nous étions à bonne école : les voix d'Héloïse et Abélard, d'Alfred (de Musset) et George (Sand) ou encore celles de Juliette (Drouet) et Toto (Victor Hugo) nous ont accompagnés toute la matinée.
Ils se sont aimés avant nous
Héloïse à Abelard
(...) que je t'écrive souvent, en répétant encore et encore les mêmes choses, cela, je crois, ne t'est pas pénible, ni ne m'est difficile, puisque je t'aime comme moi-même, aussi ne puis-je manquer de t'aimer de tous les efforts de mon coeur. (...)
Porte-toi bien, toi qui m'es plus cher que la vie. Sache qu'en toi est ma mort et ma vie.
Lettres des deux amants, attribuées à Héloïse et Abelard, Gallimard 2005
Alfred de Musset à George Sand, Paris 4 juin 1834
(...) je n'ai compris que je pouvais aimer, que lorsque j'ai vu que je pouvais mourir. (...)
George Sand à Alfred de Musset, Paris, fin janvier 1835
(...) Tout cela, vois-tu, c'est un jeu que nous jouons. Mais notre coeur et notre vie servent d'enjeux, et ce n'est pas tout à fait aussi plaisant que cela en a l'air. Veux-tu que nous allions nous brûler la cervelle ensemble à Franchart? Ce sera plustot fait. (...)
Lettres d'amour de George Sand et d'Alfred de Musset, présentées par Françoise Sagan, Hermann 2002
Juliette Drouet à Victor Hugo, Jersey 15 mai 1854 lundi après-midi 3h.1/2
Permis à vous de venir me surprendre dans ce moment-ci, mon cher petit curieux, mais je vous défends de venir quand je suis en train de faire mes giries* mélancoliques comme ce matin. C'est bien le moins que je puisse pleurer à mon aise de temps en temps sans que vous y fourriez votre nez. Ce serait aussi par trop fort que vous voulussiez m'empêcher de crever de chagrin.
*Jérémiades
Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, Correspondance 1833-1882, Fayard 1985 et 2001.
mardi 27 avril 2010
dimanche 18 avril 2010
Neige caresse
Nos pas
Une trace
Une caresse
Cette nuit envolée
Qui s'en souviendra?
Nous, qui avons vécu cela
Et la marmotte ce matin réveillée
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