mercredi 16 avril 2014
mercredi 26 mars 2014
J'ai 10 ans et mon rêve à moi, c'est ...
De quoi rêve-t-on quand on a 10 ans? Comment voit-on la vie? Qu'est-ce qui nous fait tourner la tête, nous enchante, nous donne le frisson?
Pour nous aider à y voir plus clair, nous sommes allés sonner à la porte de Messieurs Prévert, Vian et Valéry. Nous avons aussi écouté le grand Jacques qui nous a embarqués dans sa valse à 1000 temps!
Avec tous ces rythmes et ces mots dans la tête, les enfants, à leur tour, ont exprimé leurs rêves...
"J'aimerais devenir humoriste.
J'aimerais devenir championne de piscine.
J'aimerais devenir pâtissière.
Il y a des jours où j'aimerais manger tous les bonbons de l'univers
et avoir une récolte de bonbons."
et avoir une récolte de bonbons."
Angèle
"J'aimerais devenir footballeur pour pouvoir m'amuser
avec des coéquipiers.
Il y a des jours où j'aimerais être seul pour pouvoir réfléchir
sur moi-même."
Mathéo
"Il y a des jours où je voudrais avoir ce que je veux. Car je ne peux pas.
J'aimerais devenir une grande cavalière."
Eline
"J'aimerais devenir une danseuse étoile pour être sur scène
et mettre mes pointes.
Il y a des jours où j'aimerais découvrir de nouveaux pays
comme l'Inde ou l'Italie."
Inès
"Il y a des jours où je voudrais manger un gâteau, un gâteau au chocolat, un gâteau au sucre, un gâteau à la pomme ou des crêpes au sucre...
J'aimerais devenir une maîtresse avec un cartable pas trop lourd."
Juliette
"J'aimerais devenir une autre que moi-même.
Il y a des jours où je voudrais rester dans mon lit
un instant
et réfléchir à l'identité de la vie."
Clara
"J'aimerais devenir une maîtresse si gentille que tous les enfants se mettraient à aimer l'école. Je récompenserais les élèves faisant des progrès. Tous ensemble, on apprendrait, on découvrirait de nouvelles choses.
Il y a des jours où je voudrais lire chez moi, au chaud, sans bruit, avec ma famille."
Manon
Et comment fait-on pour réaliser ses rêves? C'est la grande question que nous nous posons tous, petits et grands...
"En sortant de l'école,
j'ai rencontré un très beau dauphin bleu
qui m'a emmenée tout autour de l'Afrique
dans l'Antarctique.
En sortant de l'école,
j'ai rencontré un très grand humoriste
qui m'a emmenée dans un très grand théâtre
et je suis montée sur la piste."
Angèle
"En sortant de l'école, nous avons rencontré une danseuse, qui nous a emmenés tout autour de l'école, dans sa voiture, tout autour de la salle de danse, nous avons rencontré une maîtresse qui dansait avec de la musique à la place d'un cartable, des ballerines de toutes les couleurs à la place des cahiers et puis du bonheur et de la joie à la place des bics rouges qui ne doivent plus marcher, au-dessus du piano nous avons rencontré de la musique."
Juliette
"En sortant de l'école,
j'ai rencontré Michael Jordan,
qui m'a emmené
tout autour du terrain
dans une salle de basket
Tout autour du terrain
nous avons rencontré
de grands paniers
des ballons coincés
avec des barres de descente
des parquets
La victoire, le plaisir et le jeu
étaient merveilleux."
Louis
"En sortant de la maison, j'ai pris la voiture. Sur le chemin, j'ai acheté un van. En m'arrêtant chez le marchand de foin, j'ai rencontré un vendeur de chevaux et j'ai acheté un étalon et une jument anglo-arabe noirs comme l'ébène tout en muscle et un peu sauvages. Je les ai mis dans le van et nous sommes partis. Nous nous sommes arrêtés chez le marchand de fruits et légumes puis nous sommes arrivés en Camargue, dans mon ranch de 52 hectares et j'y ai installé mes chevaux."
Eline
"En sortant de l'école,
nous avons rencontré
la Statue de la Liberté
qui nous a emmenés
tout autour de papi
dans une voiture
Tout autour de papi
nous avons rencontré
le Carnaval de Rio
avec tous ses confetti
et ses hommes déguisés
et des femmes qui dansent
et des serpentins.
Au-dessus du bonheur
nous avons rencontré
un cheval qui souriait."
Clara
"En sortant du cours de danse,
j'ai rencontré un grand livre doré
qui m'a emmené tout autour de mes rêves
dans un monde coloré
tout autour de mes rêves
J'ai aussi rencontré ma famille
mes amis rêvant de s'amuser
et puis cette joie
régnant dans leurs beaux coeurs.
Au-dessus de cette joie,
j'ai bien sûr rencontré beaucoup d'activités,
d'envies, de liberté
j'aurais pu continuer jusqu'aux nuits étoilées
mais j'ai préféré refermer ce beau livre doré
pour rejoindre mes amis
pour devenir maîtresse."
Manon
"En sortant de l'école, j'ai rencontré tous mes rêves, qui eux m'ont emmenée tout autour de la mer, voir les dauphins. Dans une piscine ailée, j'ai rencontré une danseuse étoile, avec elle j'ai pu toucher les étoiles. Et puis dans le cirque étoilé, j'ai pris un bébé lion. Une fois revenue dans ma piscine ailée, je suis retournée à l'école.
Mais hélas, je n'ai fait que rêver!
Au fait, j'ai rencontré mes rêves, après tout!"
Inès
Alors, ne sortez plus jamais sans votre
car ce n'est plus un secret,
Isabelle :-)
Ecrire les sens en éveil
"Un écrivain, c'est quelqu'un qui a un rapport corporel au monde.
Le reste, ce sont des intellectuels, rien d'intéressant."
Le reste, ce sont des intellectuels, rien d'intéressant."
Michel SERRES, Pantopie, Le Pommier, p. 209
Et quel que soit notre âge, notre rapport au monde passe par nos sens.
Mercredi 12 mars dernier, 11 garçons et filles âgés eux de 6 à 8 ans, tous pareils (un nez, une bouche, des oreilles, une peau, des yeux) et tous différents (Oscar adore les épinards, Guillaume les déteste), se donnent rendez-vous pour explorer le monde avec leurs sens (rien que ça?!).
et se poursuit autour d'un jeu sur les 5 sens qu'Agnès Guidon et moi-même avons imaginé. Voici quelques uns des écrits de nos petits explorateurs:
"Je n'aime pas entendre mon petit frère pleurer
Je n'aime pas entendre les oies crier
J'aime les épinards, les frites et le steak haché
J'aime les fleurs rouges."
"La chose la plus jaune que j'ai jamais vue est mon livre
La chose la plus petite que j'ai jamais vue est un pou
une fourmi, une miette, la mine d'un crayon
La chose la plus triste est de goûter la langue de boeuf
La chose la plus grande que j'ai jamais touchée est un baobab
La chose la plus vieille que j'ai jamais sentie est
la cabane au fond du jardin
la poussière, un vase dans un musée, un moulin
La chose la plus jolie que j'ai jamais touchée est ma coupe de vélo
la chose la plus jeune que j'ai jamais entendue est un bébé, un pleur, un rire d'enfant
La chose la plus précieuse que j'ai jamais entendue est l'oeuf qui se casse et le bruit de mon doudou
La chose la plus belle que j'ai jamais touchée est ma maman."
Bien sûr il nous a manqué un peu de temps pour terminer notre livre animé, compléter les deux faces, l'une intitulée 'tous pareils' et l'autre 'tous différents', mais nous avons passé un bon moment!
Et puis, ce petit livre peut se continuer chez soi, sur le chemin de l'école, partout en somme, partout où vivre signifie ressentir, car comme le dit Andrée Chedid La poésie, pour exister, n'attend que notre regard'...
Isabelle M.
Lire, écrire et s'amuser ?
Est-ce possible?
Selon que l'on est garçon ou fille
que l'on a 6 ou 12 ans
on répondra différemment
mais tous, on aime
un peu sûrement!
Atelier d'écriture avec les 9-12 ans, le 12 mars 2014
aux anciennes écoles de Juigné-sur-Loire
en collaboration avec Agnès Guidon, plasticienne
(debout en rose sur la première photo)
mercredi 26 février 2014
Jeux d'écriture et création d'un livre-objet
"Qui est qui?"
Mercredi 12 mars prochain, Isabelle Moran et Agnès Guidon proposeront deux ateliers sur le thème du portrait. Chaque enfant écrira et confectionnera un livre-objet qu'il emportera chez lui à l'issu de l'atelier.
De 10h à 12h pour les 6-8 ans / De 14h30 à 17h pour les 9-11 ans
Participation 15 euros (10 enfants par atelier) - Salle des Anciennes écoles de Juigné-sur-Loire - Inscriptions : 06.31.97.16.13
lundi 6 janvier 2014
2014, tout un programme...
Illustration : Paivatar
Que vos mots s'élancent et s'envolent en 2014
Belle et heureuse année à tous!
mardi 12 novembre 2013
Bébé
Lait de toilette
Lever de sieste
Nuque de mes enfants
Parfum
Chocolat
Boulangerie
Gâteau sorti du four
Chaleur de l'été
Immortelles de Noirmoutier
Vacances sur le sable
Embruns
Intérieur de camping-car
Goûter après l'école sur la table de la cuisine
Forêt
Sous-bois
Mousse
Herbe tondue
Piscine en plastique
Protèges cahiers
Maman rassurante
Foulard
Dioressence
Crayon taillé
Boeuf aux carottes
Cuir de papa
Lavande
Draps propres
Terre humide
Chausson de cuir dans une salle de danse
Lilas
Je me souviens du parfum de Mme Ricoult, ma maîtresse de primaire, Chanel 19, je l'ai reconnu plus tard...
Je me souviens de l'odeur de la maison de mon premier amour : indéfinissable
Je me souviens du Tahiti douche des années 80
Je me souviens des Nouvelles Galeries : le plastique beige, l'odeur du lino et des vendeuses aux ongles faits
Lait de toilette
Lever de sieste
Nuque de mes enfants
Parfum
Chocolat
Boulangerie
Gâteau sorti du four
Chaleur de l'été
Immortelles de Noirmoutier
Vacances sur le sable
Embruns
Intérieur de camping-car
Goûter après l'école sur la table de la cuisine
Forêt
Sous-bois
Mousse
Herbe tondue
Piscine en plastique
Protèges cahiers
Maman rassurante
Foulard
Dioressence
Crayon taillé
Boeuf aux carottes
Cuir de papa
Lavande
Draps propres
Terre humide
Chausson de cuir dans une salle de danse
Lilas
Je me souviens du parfum de Mme Ricoult, ma maîtresse de primaire, Chanel 19, je l'ai reconnu plus tard...
Je me souviens de l'odeur de la maison de mon premier amour : indéfinissable
Je me souviens du Tahiti douche des années 80
Je me souviens des Nouvelles Galeries : le plastique beige, l'odeur du lino et des vendeuses aux ongles faits
Textes : Mary R.
Atelier d'écriture Ecrire le nez en l'air
Images : Blogs White Velvet et Le parfum et La perception des arômes
vendredi 8 novembre 2013
Rencontre avec Charlotte Légaut, auteure et illustratrice
Hier la pluie faisait friser les cheveux et Charlotte Légaut germer les idées. Avec une dizaine de personnes, j'ai participé à l'atelier 'Ecriture et Nature" qu'elle menait à La Turmelière dans le cadre de sa résidence d'auteure.
En toute simplicité, Charlotte nous a offert une promenade des sens : 11 minutes de balade solitaire dans le parc du château. Le reste de la journée a ensuite été consacré à mettre en image et en mots les sensations qui nous avaient traversés pendant ce temps si court et si long à la fois.
Car il s'en passe en 11 minutes, l'esprit cavale, le corps bouge, respire, sens, regarde, entend. "La marche fait descendre le mental", disait une des participantes pour rendre compte de son expérience. L'écriture et l'oeil de l'appareil photo lui donne forme, ajouterais-je, c'est du moins ce que j'ai tenté de faire. Voici les textes et les images rapportés de cette journée, j'espère qu'ils seront une invitation pour chacun de vous à entreprendre ce grand voyage : sortir des murs et sur le pas de la porte, regarder la nature.
Bonne lecture et merci Charlotte pour ce moment si vert et apaisant passé en ta compagnie.
Isabelle
Le Grand Doré
Ils étaient deux.
Il y a longtemps, ils étaient deux.
Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'un.
Celui qui reste a revêtu les couleurs de l'amour chatoyant.
Il rayonne pour celui qui a été et qui n'est plus.
Il clame à tous les autres combien il a aimé et combien il fut aimé par celui qui n'est plus et dont il ne reste que le tronc noirci au pied du Grand Doré.
Le Grand Doré n'est pas triste, toutes ses feuilles le disent.
Elles acceptent l'effacement des couleurs pour aller nourrir le sol, participer au grand sommeil qui ensemence le monde en silence.
Ils étaient deux il y a longtemps
Aujourd'hui ils sont des milliers à aller dans le vent
IM
O / Eau / Haut
Quitter le chaud, sortir le nez au vent, sentir le chemin sous le pied, écouter le spouik des chaussures rythmer les pas et remplir le silences de nos présences. Se détacher du groupe, continuer seule, accepter le chemin qui se présente, trouver un ruisseau argent sur le goudron gris, remonter le courant, aller à la source, ne pas la trouver, s'en étonner, s'arrêter, prendre le temps de marquer d'un arrêt la disparition de l'eau sur le chemin, lever les yeux, regarder plus loin, rester accrochée à l'arbre jaune, si vif qu'il tranche le vert, sauter dans le rouge des deux érables, torches bruissantes du parc, et puis reprendre la marche.
Retrouver l'eau qui dévale l'autre versant, continuer dans le même sens qu'elle cette fois-ci, renoncer à comprendre d'où ça vient, se fondre au flux, aller avec, devenir liquide, dévaler doucement la pente, caresse riante entre deux éclats de soleil.
IM
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