jeudi 19 mars 2015

Musiques de cirque pour petites oreilles

Quand on ne sait pas lire ni écrire, il reste une solution imparable : faire danser le crayon sur la feuille et inventer sa propre écriture!
C'est ce que les élèves de Petite section de Christine ont fait ce matin en écoutant les musiques de Chaplin, Fucik, Alford ou Janin. Hormis Charlie Chaplin, ces noms ne vous disent peut-être rien, mais il vous suffirait d'entendre les premières notes de l'Entrée des gladiateurs ou encore la ritournelle de Hello, le soleil brille pour vous faire tout de suite une image mentale de la piste de cirque. La Balade des pachydermes, les assiettes de la Famille Wang ou la Fantaisie Cosaque susciteraient elles-aussi autant d'images et de sensations. 
Après avoir dansé sur les musiques, les petits élèves ont saisi les crayons gras et tracé sur le rythme des mélodies. Olly a dessiné un éléphant qui fait du cerf-volant, Sixtine son papa et sa maman, Louison, une porte pour entrer dans le chapiteau. Mais c'est à Agathe et Théo que reviennent les mots de la fin : "J'ai dessiné des petits points sur la musique" et Théo d'ajouter tout fier en montrant le coin inférieur droit de son dessin "ça, c'est la musique!"
Isabelle 

Réf du CD : Musiques de cirque pour petites oreilles chez naïve

mardi 10 mars 2015

Abécédaire en folie!

"Le chemin de la connaissance,
on le prend tous dès la naissance. (...)
Heureux, je vous jure qu'on peut l'être :
pour cela il faut qu'on pénètre
dans les 26 pays des Lettres."
L'oisillon sans nom, de Elisabeth Brami et Lionel Le Néouanic


Equipés de livres sur le cirque et d'imagiers et autres livres à compter, les enfants de Grande Section de la classe de Nathalie ont ont écumé l'alphabet. 
Armés d'une bonne dose de curiosité, d'énergie et d'une sonnette, les enfants ont voyagé ce matin dans 15 des 26 pays des Lettres. Chacun à tour de rôle a tiré une lettre. Dès qu'un mot commençant par la lettre tirée était trouvé, vite on faisait tinter la sonnette! A ce jeu, les deux vaillantes équipes sont arrivées ex-aequo. 
Bravo!!

Plusieurs abécédaires du cirque devraient bientôt voir le jour 
à l'école St Augustin.

Et par le pouvoir d'un mot
je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté

Paul Eduard

mercredi 4 mars 2015

Read aloud, change the world

Alors ne vous privez pas de ce plaisir, 
lisez une histoire à votre enfant, votre petit-fils, votre petite-fille, 
à un voisin ou une voisine âgé(e), à votre amoureux sur l'oreiller, 
devenez passeur d'histoire, faites naître la magie autour de vous...

Changez le monde, lisez une histoire!

lundi 2 mars 2015

La vie des gens

Pour créer des personnages de papier, piochez
1 Qui, 1 Fait quoi, 1 Où, 1 Comment, 1 Quand et 1 Pour quoi
Mélangez le tout
Et obtenez ceci:
Ma voisine regarde le monde qui tourne enfermé dans sa tête, sur un banc, à toutes occasions, pour faire sourire les passants.

Chaque jour, les derniers de sa vie, allongé dans l'herbe au bord d'une rivière, Jean fait paisiblement le point sur sa vie, son avenir.

Ma voisine centenaire reste chez elle avec amertume, dans la chambre, de 14 à 16h, pour trouver la solution.


Mon fils cultive des tomates, lentement, en se retournant sur.. en réfléchissant à ..., souvent dans la rue,pour aller à l'essentiel.


En ce moment, dans sa maison, au soleil derrière sa fenêtre, le Petit Prince rit tout seul, pour revivre ces moments-là, rêveusement.

Laurent reste assis dans son fauteuil à la campagne, au beau milieu de la matinée, pour que sa sagesse serve aux autres.

Pour vivre tôt le matin, le jardinier chauve critique de manière intermittente dans la plate bande à l'entré du village.

La voisine se transforme avec courage, en mer, la nuit, pour être seule.

Cette femme, au printemps, à l'occasion des vacances, fait le tour de son jardin avec délicatesse, dans la maison de famille, c'est sa façon d'exister.
Puis lisez quelques portraits de François Morel et Martin Jarrie et 
à votre tour, déroulez le fil de ces existences
que le hasard vient d'esquisser.
Atelier Oser écrire
Juigné sur Loire

Huit portraits d'hommes et de femmes ont été écrits ce matin. 
Huit existences de papier,
traversées par le tic-tac des horloges 
et le son reposant des clepsydres.

jeudi 26 février 2015

Et si on construisait un poème?

En classe de CE1 avec les élèves de Christine R., nous avons démonté la langue, trituré les phrases, découpé les strophes, remis les vers en place. 
Au passage, nous avons inventé quelques rimes et dessiné plusieurs rébus 
dix tigres 
nous ont donnés quelques 
Le poème en entier, 
nous vous le dévoilerons
quand il sera toiletté 
et près pour de bon!
Entre-temps, 
si vous voulez savoir 
comment construire une histoire
de cirque, d'ogres ou de tabourets frissonnés
lisez Histoires à Jouer!

Isabelle

(Histoires à jouer, Bernard Friot, Milan, 2014)

mardi 24 février 2015

Que celui qui n'a jamais eu peur lève la main!

Si j'avais posé la question ce matin dans la classe de Brigitte G., je suis sûre qu'aucune main ne se serait levée, car même les grands ont peur, même les forts, même les vaillants, même les rusés, même les clowns, qui à grand coups de rire tiennent les ombres éloignées, ont peur. 
Mais la peur va bien avec le courage et les élèves de Brigitte le sont, courageux. 
D'ailleurs, ce matin, c'était 
Personne n'a eu peur d'affronter ses peurs! 
Chacun a nommé ses peurs, puis tout le monde a lu sa liste. 
Nous avons ensuite donné des bons points à nos peurs et nous les avons classées.
Nous avons ainsi découvert que nous étions nombreux à avoir peur du noir et des araignées, que Nicolas n'était pas le seul à avoir peur d'aller seul dans la rue et que beaucoup avaient peur de tomber. Quand j'ai demandé : 
"De quelle couleur est votre peur?"
les réponses ont fusé, différentes selon chacun. Pour Kerline et Nolwenn, la peur est noire et marron, pour Dimitri elle est rouge, pour Maeylis jaune, pour Nicolas bleue, d'ailleurs ne dit-on pas 
avoir une peur bleue?
Alors pour tordre le cou à cette vilaine peur, nous avons imaginé un poème bleu. Bernard Friot nous a aidés en nous donnant une recette :
 Et voilà quelques mots de notre poème bleu
mais il n'est pas question de tout vous dévoiler! 
Le livre qui va bientôt paraître doit garder ses surprises...
En attendant, moi je suis ressortie de cet atelier d'écriture des couleurs plein le coeur et des paillettes plein les yeux. Comme celles de la merveilleuse carte que les enfants m'ont offerte pour ma fête!
Merci à vous tous
Isabelle

samedi 21 février 2015

Il est temps de se remettre en route!

Les vacances touchent à leur fin, il est temps de retrouver les élèves et l'univers du cirque...
Albertine, dans son très beau leporello (livre accordéon) nous y invite, tout en délicatesse.
Dès mardi, je serai dans la classe de Brigitte.
Nous regarderons les dessins d'Albertine et lirons l'histoire de Tito le clown. 
A sa suite, nous écrirons sur nos forces et nos faiblesses, sur nos limites et sur ce qui nous permet de les dépasser!
Isabelle
Albertine, Circus, A pas de loups, 2014

A la racine des mots

On ne saurait écrire sans s'interroger sur le rapport que l'on entretient au langage. Françoise Héritier l'a très bien montré dans un petit essai, Le goût des mots, paru en 2013 chez Odile Jacob où elle dresse des listes de mots auxquels elle attribue des définitions parfois saugrenues. Car Françoise Héritier s'amuse et nous invite à en faire autant.
Les 10 adultes consentants (!) qui se retrouvent tous les 1ers lundis de chaque mois ont eux aussi dressé leur liste de mots fétiches comme autant de formules magiques permettant d'accéder à des "zones sensibles personnelles" au coeur du langage commun.

Reprenons la métaphore bien connue de l'arbre du langage (même si je lui préfère celle des cercles concentriques qui se mélangent comme les ronds dans l'eau), et continuons l'exploration de notre rapport à la langue par la lecture du très bel album de Martine Perrin et Olivier Ka, Mon arbre à secrets (Editions des Grandes Personnes, 2013).


Appliquons à cette lecture une consigne oulipienne:
- dessinez votre arbre du langage
- au pied de cet arbre, écrivez un mot racine que vous cachez
- écrivez un texte "buisson" qui se développe à partir de la racine cachée sans jamais la dévoiler

Ecrire sur la terre d'un mot enfoui, sentir les mots germer sous la plume, les entendre bruire, les voir s'envoler et pousser au loin, n'est-ce pas ce que nous tentons tous de faire?...
Isabelle

Texte buisson et autres définitions

Mon arbre à secrets clignote de mille mots, il nourrit mes pensées. C'est un ange, un guide, un bruissement de voix, des branches qui s'entrecroisent dans la tempête, un murmure pour apaiser les âmes déboussolées. Ses feuilles se multiplient page après page, elles transmettent un message de partage. Les brindilles de la passion ont porté des fruits gorgés d'une sève universelle. Cette énergie puissante et authentique est logée au fond nos coeurs et ne demande qu'à se déployer.
                                                                                                           

souris : petit rongeur toujours de bonne humeur
ouvrage : tiroir débordant de colère
bidouiller : rendre 2 fois plus douillet
subterfuge : refuge subjectif
flamboyant comme un pâtisserie flasque trouvée dans les bois...

Bénédicte M.

mardi 17 février 2015

Dis, comment ça s'écrit une histoire?

Si la question est simple, on pressent immédiatement que la réponse l'est moins... Heureusement, Stephen King, Gianni Rodari et, plus près de nous, Bernard Friot et Flay Stachak ont dans leurs écrits partagé un peu de leurs techniques. Pour King, les histoires sont comme des fossiles affleurant le sol. Il suffirait donc de se baisser pour les ramasser? Rodari, ce célèbre écrivain et pédagogue italien, voit-il les choses de la même manière? Point de fossiles chez lui, mais un binôme imaginatif!
Très bien, donc si je récapitule, pour écrire une histoire (une bonne tant qu'à faire), je dois aller le nez au vent (ou au sol!), pister ce qui affleure et y associer deux mots sans aucun lien logique! Etrange recette me direz-vous!... Bernard Friot nous rappelle qu'il faut aussi s'amuser en écrivant, quant à Faly Stachak, besogneuse et généreuse, elle nous transmet toute une série de fiches comme autant d'étapes à gravir pas à pas jusqu'au mot FIN.
Sans complexe, je fais mon marché chez chacun d'eux et propose l'écriture d'une histoire à la classe d'Emilie (CM2) de l'école St Augustin à Angers. Et c'est parti!!

Etape 1 - Lecture à voix haute de Jésus Betz

Etape 2 - Débat et échange sur ce qu'est une histoire. Repérage de la structure : situation initiale, personnage principal, personnages secondaires, quête, obstacles, résolution, situation finale
Etape 3 - Création d'un personnage 
L'écriture est individuelle ici, chacun goûtant au plaisir de coucher sur le papier tout ce qui lui passe par la tête. A la mise en commun, deux grands genres dominent les imaginaires : les histoires de science-fiction et les histoires d'amour!
Etape 4 - Création d'un personnage 
Même technique ici (fiche n°5 de Faly Stachak), mais cette fois-ci j'y adjoint deux règles : le chrono - car on écrit bien plus facilement sous la contrainte rigolote d'une trotteuse -
 et la parole et l'écriture  démocratiques. Chaque élève est libre de proposer une hypothèse (le personnage est un garçon, une fille? a-t-il une particularité physique? ses qualités, ses défauts? un tic de langage? ses goûts?, etc.), pour chaque point nous retenons 2 ou 3 propositions et nous votons à main levée.


Les choix doivent être cohérents et avoir du sens. Notre histoire doit pouvoir se déployer. Petit à petit, l'héroïne (car le choix d'une fille l'a emporté) se couvre de chair et se forge un caractère. Elle s'appelle Océane, est l'assistante d'un lanceur de couteaux et vit à Sydney. Elle n'a plus de famille et désire à tout prix savoir d'où elle vient, peut-être aussi trouver l'amour. Mais pour cela il lui faudra quitter son univers pour entrer dans un monde parallèle gardé par Cerbère... Voilà la trame de l'histoire.


Quand la sonnerie retentit, il faut s'arrêter à regret. Les enfants quittent la classe en imaginant ce qui pourrait bien arriver à Océane. Dans l'escalier qui les mène à la cantine, je les entends formuler, échanger et débattre. Avec leur enseignante, Emilie, ils devront par petits groupes rédiger des paragraphes d'une 10aine de lignes, puis tous ensemble à la lecture à voix haute, travailler les 'sutures' des textes. 
Quand je reviendrai les voir - et ce sera notre dernier atelier d'écriture - nous écrirons la fin de l'histoire. Puis, nous enverrons le début et le milieu de cette histoire à l'autre classe de CM2. A eux d'inventer un second épilogue sans prendre connaissance du premier. Les fins se ressembleront-elles?
Enfin, à la manière de Gianni Rodari dans ses Histoires à la courte paille, les histoires seront envoyées aux élèves de CE2 qui éliront leur épilogue préféré. Dans une courte note, ils nous diront les raisons de leur choix. Vraiment les histoires servent à tout : écouter, partager, débattre, inventer, écrire, choisir, s'affirmer... et j'en oublie sûrement!
Isabelle Moran
Petite bibliographie utile :
S. King, Ecriture, mémoires d'un métier, Albin Michel, 2001
G. Rodari, Grammaire de l'imagination, Rue du monde, 2010
G. Rodari, Histoires à la courte paille, livre de poche, 2014
B. Friot, Histoires à jouer, Milan, 2013
F. Stachak, Faire écrire les enfants, Eyrolles, 2013