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vendredi 18 mars 2016

"Dis-moi 10 mots" à Saumur

Et si on faisait un pas de côté? Si on entendait le français venu d'ailleurs? De Québec, Bruxelles, Genève ou Haïti? Serions-nous sûr de tout comprendre?
Notre langue, parlée par plus de 250 millions de locuteurs, nous ouvre les cinq continents de la planète. Alors soyons fiers et surtout curieux de ce français aux quatre coins du monde. C'est tout l'enjeu de la semaine de la francophonie et plus particulièrement de l'opération "Dis-moi 10 mots" à laquelle ont participé deux classes de Seconde des lycées Sadi-Carnot Jean Bertin et St Louis à Saumur. 
A la demande de la Médiathèque de Saumur, coordinateur du projet, j'ai imaginé pour les élèves un jeu de la Francophonie sur le principe du jeu de l'oie. L'objectif était clair : découvrir et s'approprier les 10 mots de la liste proposée par le Ministère de la Culture.
Pour ce faire : une carte, une boussole et une liste de défis littéraires à relever! Poèmes Diamant, calligrammes, tautogrammes et autres lipogrammes n'ont pas démonté les élèves, qui ont fait preuve d'une belle vigousse!
Cet atelier a eu lieu après une première rencontre "mise en bouche" menée par Valérie Lebossé, responsable du secteur "adultes" de la Médiathèque. L'opération "Dis-moi 10 mots" s'est clôturée hier par une rencontre entre les deux classes et une mise en commun de leurs productions. 
Le succès auprès des élèves et la qualité des échanges doivent beaucoup à la bonne collaboration entre les enseignants, Pierre Martin (St Louis), Christine Heranval (Sadi-Carnot), Sophie de Graeve (Sadi-Carnot), les bibliothécaires Valérie Lebossé et Anne Pierre et moi-même. Notre petite équipe a oeuvré dans la bonne humeur et toujours au service du sens, car la langue, la littérature, l'orthographe et le lexique sont et restent le moyen de se comprendre et d'échanger. Citons la célèbre linguiste Josette Rey (femme d'Alain) "Le plus grave, dans le langage d'aujourd'hui, ce n'est pas la violation de l'orthographe, c'est la pénurie de sens". Gageons que nous avons ouvert, pour les élèves (et pour nous-mêmes!), quelques sens inconnus jusque-là...
Isabelle Moran
Et vous, savez-vous ce que signifient les mots Dépanneur, Chafouin, Ristrette, Fada, Dracher, Poudrerie, Lumerotte, Vigousse, Champagné, Tap-Tap

mardi 25 novembre 2014

Maisons

Samedi dernier à Ecouflant, six femmes (il faudra bien un jour parler de la parité hommes-femmes dans les ateliers d'écriture!...) se sont retrouvées à la médiathèque pour LirEcrire sur l'enfance, plus exactement sur les lieux de l'enfance et très précisément sur la maison...

"La maison est chaude. Elle fait ventre, caverne, nid, elle enveloppe, elle prend, elle étreint, elle enserre, elle console, elle garde, les gens les choses les secrets. (...) 
Les maisons bruissent. Elles feulent, et craquent, et gémissent quand le vent les broie. Elles susurrent quand il les flatte. Elles s'ébrouent sous la neige et attendent des jours plus légers. Elles s'étirent, elles roucoulent, elles gloussent au premier soleil. Elles parlent, elles disent des choses vues, qu'elles voudraient confier. Peut-être. On ne les entend pas, elles se renfrognent, elles nous claquent la porte au nez."
Marie-Hélène LAFON, Album

Ma maison d’enfance était mon refuge. On y était si bien entre frères et sœurs, sous la protection des parents et des grands-parents maternels, les blagues qu’on était seuls à comprendre, la complicité, les jeux d’imagination…

Pas de confort. Savions-nous seulement ce qu’était un canapé ?
Pas de radiateur ni même de poêle à charbon. La cuisinière à bois servait de plaque chauffante, de four, de chauffe-eau : le « bain-marie» sur le côté.
On l’allumait avec du papier –journal et du « bois menu » comme disait grand’mère, avant d’y ajouter des bûches.
Elle était censée chauffer toute la maison ce qui n’empêchait pas les magnifiques fleurs de givre l’hiver aux fenêtres des chambres.

Quand les voisins avaient « tué le cochon » l’odeur des rillettes et du boudin nous accompagnait plusieurs jours.

Est-ce alors de l’extérieur que me venaient les cauchemars dans la nuit? De la chienne agressive devant laquelle il fallait passer chaque soir pour aller chercher le lait à la ferme ?

Et pourtant, dehors, il y avait le jardin de grand-père, les multiples arbres fruitiers, les lapins, les poules et le coq à qui nous portions les restes de nos repas.
Et les couchers de soleil derrière les grands sapins, l’espace, les saisons, les rêves …
Marie-Noëlle A.
En noir, les mots offerts par les autres participantes à Marie-Noëlle, la consigne étant de tous les réutiliser dans le texte!