mardi 25 novembre 2014

Maisons

Samedi dernier à Ecouflant, six femmes (il faudra bien un jour parler de la parité hommes-femmes dans les ateliers d'écriture!...) se sont retrouvées à la médiathèque pour LirEcrire sur l'enfance, plus exactement sur les lieux de l'enfance et très précisément sur la maison...

"La maison est chaude. Elle fait ventre, caverne, nid, elle enveloppe, elle prend, elle étreint, elle enserre, elle console, elle garde, les gens les choses les secrets. (...) 
Les maisons bruissent. Elles feulent, et craquent, et gémissent quand le vent les broie. Elles susurrent quand il les flatte. Elles s'ébrouent sous la neige et attendent des jours plus légers. Elles s'étirent, elles roucoulent, elles gloussent au premier soleil. Elles parlent, elles disent des choses vues, qu'elles voudraient confier. Peut-être. On ne les entend pas, elles se renfrognent, elles nous claquent la porte au nez."
Marie-Hélène LAFON, Album

Ma maison d’enfance était mon refuge. On y était si bien entre frères et sœurs, sous la protection des parents et des grands-parents maternels, les blagues qu’on était seuls à comprendre, la complicité, les jeux d’imagination…

Pas de confort. Savions-nous seulement ce qu’était un canapé ?
Pas de radiateur ni même de poêle à charbon. La cuisinière à bois servait de plaque chauffante, de four, de chauffe-eau : le « bain-marie» sur le côté.
On l’allumait avec du papier –journal et du « bois menu » comme disait grand’mère, avant d’y ajouter des bûches.
Elle était censée chauffer toute la maison ce qui n’empêchait pas les magnifiques fleurs de givre l’hiver aux fenêtres des chambres.

Quand les voisins avaient « tué le cochon » l’odeur des rillettes et du boudin nous accompagnait plusieurs jours.

Est-ce alors de l’extérieur que me venaient les cauchemars dans la nuit? De la chienne agressive devant laquelle il fallait passer chaque soir pour aller chercher le lait à la ferme ?

Et pourtant, dehors, il y avait le jardin de grand-père, les multiples arbres fruitiers, les lapins, les poules et le coq à qui nous portions les restes de nos repas.
Et les couchers de soleil derrière les grands sapins, l’espace, les saisons, les rêves …
Marie-Noëlle A.
En noir, les mots offerts par les autres participantes à Marie-Noëlle, la consigne étant de tous les réutiliser dans le texte!


mardi 18 novembre 2014

Samedi, ça me dit d'écrire!

Il reste des places pour participer à l'atelier d'écriture animé par Isabelle MORAN
ce samedi à la bibliothèque d'Ecouflant. 

Gratuit, sur réservation
au 02.41.43.68.26 ou bibliotheque@ecouflant.fr
Aucune expérience d'écriture n'est demandée, il suffit d'avoir envie!


lundi 10 novembre 2014

La contrainte mène à la liberté

Qui ne s'est jamais ennuyé durant son enfance? Qui n'a jamais souhaité de toutes ses forces devenir, d'un seul claquement de doigt, un adulte autonome, maître de son destin? Qui n'a désiré voir ces heures de profonde solitude bouleversées par l'apparition soudaine d'amis venus des quatre coins du monde? Qui ne s'est dilué dans l'espace temps d'une rêverie que l'ennui avait créée, s'oubliant lui-même, se rêvant plus grand encore?
C'est sans doute pour cela qu'à la suite de Gaston Bachelard, nous repensons aux lieux de notre enfance comme à des paradis perdus "Grenier de mes ennuis, que de fois je t'ai regretté quand la vie multiple me faisait perdre le germe de toute liberté" (La poétique de l'espace

Lundi dernier, en compagnie de Gaston Bachelard, Marie-Hélène Lafon (Album, "Les maisons"), Jean-Jacques Rousseau (5ème rêverie du promeneur solitaire) et Olivier Rolin (Paysages originels), nous nous sommes intéressé à cet ennui profond, à la rêverie et au bien-être qui parfois en découle. 


Le Souvenir
L'été
La Corse
Le groupe de Randonneurs
L'effort
Le sommet
L'espace
L'immensité, la beauté
Le panoramique
La stupéfaction, la contemplation
Les minutes qui défilent
L'ébauche de rêverie
Le couperet
Le guide, son téléphone portable
Ses conversations nuisibles et castratrices

Aujourd'hui
Les consignes de détente, de laisser-aller, de lâcher prise
La réminiscence de la gêne vécue
L’impossibilité d'atteindre la rêverie
Anne P.
tissage de grillage par The wondering bird

Voir régulièrement Annabelle à travers un grillage séparant nos deux maisons, c’était très particulier. On jouait avec elle mais forcément les jeux étaient adaptés puisque le grillage était souvent inclus dans le jeu.
Le sapin, les balançoires, leur aspect grillagé était insolite.
Si nous n’avons joué que si peu de fois pour de vrai chez Annabelle au-delà du grillage, c’est sûrement que cette interposition nous apportait finalement quelque chose de positif. Il faut le voir comme ça…
Etait-ce une vision restreinte de son terrain ? ou bien peut on considérer que du coup j’avais un champ de vision élargi car je regardais à travers ce grillage sur toute la longueur du  terrain, là où peut-être mon œil ne se serait pas posé naturellement.
Dans le  mot grillage, il y a les lettres pour faire le mot Elargi…
Céline L.


Cet atelier fait partie du cycle "Oser écrire" dont l'objectif est de passer progressivement de l'écriture de la mémoire et du souvenir (enfance) à l'écriture de la fiction (mise à distance et création). Ce cycle comprend 7 ateliers de 2h30 entre octobre 2014 et avril 2015 et accueille 10 participants.