mercredi 11 février 2015

Traces de vie

Depuis novembre de l'année passée, les enfants de l'école St Augustin, embarqués par l'enthousiasme  communicatif de leurs directrice et enseignantes ont vécu une expérience hors du commun à l'école du cirque La Carrière. Tour à tour, les 13 classes de l'école ont chacune passé une semaine avec les artistes circassiens. 

Les sensations, les émotions, les chutes, les hésitations, mais aussi les petites et grandes victoires furent nombreuses. Comment en témoigner, comment garder une trace de ces éclats de vie, que chacun a vécu pour soi, mais aussi collectivement? L'écriture arrive ici à point nommé. Ligne noire sur la page blanche, elle témoigne et revisite l'expérience avec du recul.

La vie ce n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. 
Grabiel Garcia Marquez

En collaboration avec chaque enseignante, j'ai proposé des ateliers d'écriture autour de trois axes : 
- devenir des acrobates de mots avec des jeux de langages (abécédaires, livres à compter, acrostiches, mésostiches, tautogrammes, mots valises, motissés...);
- développer son imaginaire en inventant des histoires, des personnages de cirque... Ecrire plusieurs fins à chaque histoire, exercer son esprit critique en choisissant son épilogue préféré et en le justifiant;
- rendre compte d'une expérience sensible en écrivant sur l'école La Carrière (portraits d'artistes, témoignages, journal de bord...).

Les enfants ont déjà beaucoup écrit, commence maintenant le temps de la collecte et du choix des textes. Chaque texte, au-delà du jeu d'écriture, est l'occasion pour les enseignantes de revoir les points de grammaire et d'orthographe au programme. Les productions sont donc patiemment toilettées en classe, puis passées au crible du traitement de texte avant d'être imprimées par leurs auteurs. Si la syntaxe peut être hésitante - n'oublions pas que la parole enfantine est celle de jeunes êtres en formation - l'orthographe en revanche doit être irréprochable. Et figurez-vous que les enfants s'y prêtent avec application! 

Un livre rassemblant leurs textes et dessins est en cours de création. Il sera disponible en juin. 
Isabelle



jeudi 5 février 2015

"J'ouvre les yeux, la mer et la lumière me brûlent jusqu'au fond de mon corps, mais j'aime cela. Je respire, je suis libre. Déjà je suis portée par le vent, par les vagues. Le voyage a commencé."
Jean-Marie Le Clézio, Etoile errante


La mer se prépare... chacun pose une main sur la tête de l'autre et entrecroise une jambe. La musique emplit la pièce. Le silence se fait.
Puis Khalid pose un tapis de mousse bleue, la vague se met en branle, les enfants de dos roulent sur le ventre et Inès commence son voyage. Jeudi, Khalid l'a promis, tous pourront essayer, tous seront la vague sur une mer de copains!

mardi 3 février 2015

Vous avez dit Tautogramme?

Non ce n'est pas un gros mot... Un mot gros peut-être, long et compliqué, sans conteste... Tauto signifie en grec "même" et gramme "lettre", le tautogramme est donc un texte dont tous les mots commencent par la même lettre. 
Ce matin, dans la classe de Muriel et Marie (CE1/CE2), l'exercice aurait vite pu se montrer fastidieux, mais c'était sans compter sur le Bidouille Circus!! Après avoir lu cette histoire de cirque non traditionnel, j'ai proposé aux élèves un jeu de l'oie inspiré de l'univers de cette sympathique famille de saltimbanques.
Robert et Roberta Bidouille, les géants Myrmidon danseurs de tango sur échasses, Barbarina l'extralucide, Gustavo l'homme orchestre, Nino le dresseur d'oiseaux de papier, Marinette le clown, les soeurs Crumble, jongleuses siamoises, Lili Vertige, acrobate somnambule et Marcel Biscotto, l'homme à tout faire n'ont eu qu'à bien se tenir, les élèves ont tout réussi : dessins, devinettes, comptines rimées et... tautogrammes. Y'a pas à dire, ils sont aussi forts que Marcel!
Isabelle
Caroline Barber et Marianne Pasquet, Bidouille Circus, Les Petits Bérets, 2015
Le livre contient un jeu de l'oie dont je me suis inspirée et que j'ai modifié pour faire écrire les enfants.

Comme dans le ventre de maman

Aux petites et moyennes sections de la classe d'Odile, Khalid montre les figures, l'étoile et le cocon, que chacun va ensuite réaliser dans le tissu. Il lance à une petite fille qui fait la démonstration avec lui:
- Tu peux te balancer, tu vois c'est comme dans le ventre de ta maman! Tu t'en souviens?
- Oui je m'en souviens, répond la petite fille, mais dans le ventre de maman, il n'y avait pas de trou!

Apprendre à voler... en tapis volant!

C'est bien connu, l'école du Cirque forme aux arts du cirque : aériens, acrobatie au sol, fil, boule, jonglerie... mais sait-on que l'école du cirque La Carrière forme aussi à la glisse, au plongeon et à l'art du tapis volant? C'est pourtant ce que les enfants (et les adultes!) ont expérimenté cet après-midi. Entre détente, rires et chutes, nous nous sommes essayés à l'art du mouvement. Appréhender la vitesse, lancer son corps, plonger, atterrir sur le ventre, se laisser glisser, autant de sensations qui, l'espace d'une heure, ont transformé les simples bipèdes que nous sommes en êtres glissants ou volants (selon le poids évidemment!)
Isabelle

lundi 26 janvier 2015

Pas besoin d'être grand pour être fort

Cet après-midi Fabrisse recevait la classe CLIS de Brigitte dans son atelier de rolla bolla.
"Le fil, ça suce, le rolla bolla, ça suce les énergies, et là je sens que vous avez besoin d'une pause. Quand on n'est plus concentré, on peut se faire mal. Au cirque, il y a des risques... Vous voyez la cicatrice que j'ai là? (Fabrisse nous montre une petite marque entre les deux yeux, on pourrait croire qu'il s'agit d'un troisième oeil!) Je vais vous raconter une histoire. Je faisais une pyramide sur un éléphant. Et puis, l'éléphant a vu une souris, il a eu peur, il m'a envoyé en l'air et j'ai atterri dans les gradins, parmi les spectateurs. 
Une souris? L'éléphant a eu peur d'une souris? demande un jeune de la classe
Oui, et je vais t'expliquer pourquoi; un éléphant, si gros soit-il a peur que la souris n'entre dans sa trompe! Tu vois, même les petits sont très forts!"
Je ne sais pas si l'explication est vraie, mais les enfants écoutent, amusés. Fabrisse enchaine sur une histoire de crocodile et d'enfants qui n'obéissent pas à leurs parents, une histoire de règles et de dangers, une histoire de limites qu'il faut connaitre pour grandir. Ecouter Fabrisse, c'est partir en voyage, les R roulent et les mots se colorent de soleil. Sans qu'il n'y paraisse, les messages passent, les corps se reposent et les esprits s'ouvrent. Brigitte souligne le travail et la persévérance de Kerline, de Nolwen et de Maélys. Les autres entendent, reprennent courage. Il est temps de remonter sur le rolla bolla, de trouver à nouveau l'équilibre, de louvoyer entre les dangers, d'oser y aller... en toute sécurité.
Isabelle


vendredi 23 janvier 2015

Pyramides

Ceux
qui sont
en bas assumez
votre rôle si vous assumez 
votre rôle ceux qui se trouvent en 
haut assumeront le leur si tu tournes la tête ton 
corps vrille et tu vas faire tomber les autres

Khalid
Directeur de La Carrière

A vous maintenant! Exprimez votre admiration pour les artistes de cirque, faites un calligramme en forme de trapèze, boule, mât chinois, pyramide, chapiteau...


jeudi 22 janvier 2015

Les mouches moussent au bain

Voici l'échange savoureux que j'ai eu mardi matin avec deux très jeunes élèves de la classe de Christine (Petites Sections) à la lecture du merveilleux petit livre de Jacques Duquennay, Petit Clown, L'arbre (Albin Michel Jeunesse, 2013). Je les interroge :
- Et que fait Petit Clown?
- Il atterrit sur le tapis de mouches!
- De mouches?! De mouSSe... c'est doux la mousse
- oui! Il y en a dans le bain!

A la fin de l'histoire, les mouches sur le bout de la langue s'étaient envolées et nous étions prêts à planter une nouvelle graine pour faire pousser un deuxième arbre à jeu! 
Isabelle 

vendredi 16 janvier 2015

Avancer pas à pas

Les boules ont été disposées de la plus petite à la plus grande, une impressionnante boule rouge de deux fois leur hauteur. Plus ou moins lentement, avec plus ou moins d'aisance, un à un les enfants s'avancent. Sur cette grosse chenille de plastique, finalement ce qui compte, ce n'est pas d'escalader la dernière boule, mais plutôt de tenir debout et, pas à pas, de remonter jusqu'à sa tête. Alors dans une glissade sur son visage rebondi, il sera temps d'apprécier le chemin parcouru.

Les enfants en milieu de semaine avançaient à califourchon. Samedi, lors de la restitution de leur travail à La Carrière, ils se tenaient debout. En écriture aussi, il faut se lancer, prendre des risques (de la faute, de la rature, du mot pris pour un autre...) mais quel plaisir ensuite de lire tout haut ce qui nait tout bas et de faire grandir étape par étape l'expression de chacun.

Isabelle 

Planche : Petit Poilu. En piste les andouilles! Pierre Bailly, Céline Fraipont, Dupuis, 2013

jeudi 15 janvier 2015

Les jolies surprises de la langue

Ce matin, dans la classe de CE1 de Christine, nous construisons un chapiteau de mots, faisant fonctionner les associations d'idées et de mots, quand tout à coup les couleurs du cirque font leur apparition : le rouge, le jaune, le bleu, le blanc. Je demande alors au groupe :
- Savez-vous comment s'appellent ces couleurs? Une petite fille lève la main, 
- Les couleurs maternelles?!! Et elle ajoute précipitamment, non primaires!


L'autre bon mot de la matinée, le voici...

Toujours occupés à constituer leur chapiteau de mots, les enfants en viennent à évoquer les spectateurs, les gradins, les friandises... Un petit garçon tend la main bien haut... "et les peaux de corne!!" Drôle de pop-corn en effet, à ne pas mettre sous toutes les dents!!
Isabelle